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Vaiana - la légende du bout du monde : Table ronde avec les réalisateurs et voix françaises

Date : 29 / 11 / 2016 à 11h30
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Nous avons eu la chance de rencontrer les voix françaises des personnages principaux de Vaiana, la légende du bout du monde, mais aussi les réalisateurs John Musker et Ron Clements et la productrice du film Osnat Shurer . Dans un premier temps, nous avons pu échanger avec Boualem Lamhene le superviseur du doublage en français, Cerise Calixte (Vaiana), Mareva Galanter (Sina, la mère de Vaiana) et Anthony Kavanagh (Maui). Ce dernier était particulièrement déchaîné et a contribué à faire de cette rencontre un moment d’échange très convivial et ponctué de nombreux fous rires.

Cerise Calixte, doubler le personnage principal était la réalisation d’un rêve. Mareva Galenter était ravie de pouvoir participer au doublage d’un dessin animé fidèle à la culture et aux traditions polynésienne. En effet, la jeune femme est originaire de Tahiti et elle a été plus qu’enthousiaste et touchée de participer à cette aventure. Après avoir doublé 10 personnages de dessin animé, Anthony Kavanagh pense avoir trouvé avec Maui son plus beau rôle. Il le trouve " drôle, attachant, touchant, généreux tout en étant de mauvaise foi et égocentrique, bref une vraie superstar ! ". Lors de la projection du film, il a été ravi de la réaction de son fils lorsqu’il a entendu la voix. Le comédien se reconnaît bien entendu dans le côté extraverti de son personnage, mais Boualem Lamhene, qui a travaillé avec le comédien à de nombreuses reprises, a tenu à rajouté qu’il avait également un côté touchant.

Cerise Calixte dit avoir en commun la force de caractère de son personnage et son côté déterminée. Enfin Mareva Galanter pense partager avec Sina la douceur, la tendresse maternelle ainsi que l’amour inconditionnel qu’elle porte à son pays.

Avec le morceau Le Bleu Lumière, Cerise Calixte espère avoir le même succès que Libérée, Délivrée et n’a pas peur de devenir " le cauchemar " des parents. C’est une grande fierté pour elle de participer à la création de ce monde imaginaire et de magie. Elle rajouté que le film comporte de nombreuses autres chansons, notamment Pour les hommes de Maui et invite les parents à écouter l’ensemble des chansons du film !

Anthony Kavanagh a plaisanté en disant avoir appelé Dwayne Johnson, la voix originale de Maui pour lui dire que c’était " nul " et qu’ on " allait faire mieux en français "... L’acteur américain lui aurait alors demandé qui il était ! Plus sérieusement, Anthony Kavanagh avait pour consigne de ne pas être Dwayne Johnson, mais de rester lui-même, en rajoutant sa patte. Cela l’a mis à l’aise et lui a donné envie de travailler. Il a même eu le droit d’improviser sur certaines scènes, comme celle du requin où ce n’est pas du tout le même esprit que la version originale. Plusieurs petites scènes ou phrases ont été modifiées pour que ça soit drôle en français. Cerise Calixte confirme qu’ils avaient une certaine liberté et qu’ils ont essayé d’adapter les choses au maximum pour le public français. C’était un vrai travail de comédien où il fallait laisser le temps à l’émotion d’agir pour obtenir un résultat satisfaisant.

Anthony Kavanagh interprétait un être humain pour la première fois et avoue n’avoir jamais galéré autant pour interpréter une chanson. En effet dans Pour les hommes, Maui chante et rappe et il fallait respecter les timings comiques pour être drôle. Pour Cerise Calixte qui a l’habitude d’enregistrer des chansons en studio, ce sont les dialogues qu’elle appréhendait, mais petit à petit des repères se sont créés et elle est arrivée de plus en plus à s’identifier à son personnage et à " rentrer dans l’image ".

Cerise Calixte pense que le fait que Vaiana vienne des îles du Pacifique est déjà une belle différence par rapport aux héroïnes habituelles de Disney. Vaiana est pour elle " une femme forte, et c’est la première fois qu’on retrouve une héroïne qui n’a pas besoin d’un homme ! Elle va sauver son peuple, et tout son amour, elle le donne à son peuple, à sa famille, ses amis, ses animaux : ce n’est pas une Princesse ! "

Enfin, Boualem Lamhene a tenu a expliqué son travail d’adaptation et le choix des comédiens. Il y a tout d’abord une collaboration avec des auteurs et des traducteurs. Les chansons sont écoutées plusieurs fois pour insuffler les idées et les thématiques aux auteurs. Il faut tenir compte du message, de l’interprétation, mais aussi de la synchronisation des mouvements de bouches et des gestes des personnages. C’est un travail fastidieux, dans lequel les équipes de Disney mettent beaucoup d’énergie, car les chansons ont beaucoup d’importance. Concernant les castings, le choix ne se fait pas nécessairement au physique. Des ateliers de réflexion sont mis en place, les films étant vus jusqu’à 3 ans avant leur sortie. Cerise Calixte n’avait jamais fait de doublage, mais elle a fait de la comédie musicale et était très à l’aise au niveau des chansons. Sa ressemblance physique avec Vaiana a été une vraie surprise pour Boualem Lamhene puisqu’avant de la voir, il n’avait entendu que sa voix. Pour Anthony Kavanagh c’était différent, puisqu’e Boualem Lamhene savait dès le départ qu’il le voulait sur le projet. L’idée de Mareva est quant à elle naît il y a très longtemps, car elle est polynésienne et que sa beauté, son talent et sa sympathie ne pouvaient faire que faire d’elle superbe ambassadrice.

Ron Clements raconte qu’avec John Lasseter, ils avaient envie de parler de l’univers des îles du Pacifique. Il y a 5 ans, lorsque lui et John Musker ont présenté le projet Vaiana, il a adoré l’idée, mais il les a poussé à faire de la recherche et à s’instruire sur le sujet. Ils ont donc fait un grand voyage pour visiter les îles Samoa, Fidji et Tahiti pour apprendre les histoires de la navigation de ce peuple. Ils ont compris à quel point l’Océan était très important pour ces peuples, pour qui le respect et la connaissance de la Nature sont des priorités. Tous ces apprentissages, sur le respect de la Nature, sur l’héritage du passé ou la préservation de l’environnement, ont renseigné le film.

La productrice Osnat Shurer était ravie de l’opportunité et le privilège de travailler avec ces deux réalisateurs de légende, qui sont derrière de nombreux films (Aladdin, La petite Sirène, Hercule...) avec lesquels nous avons tous grandi. L’animation est pour elle la discipline artistique la plus collaborative, et si le projet a commencé avec les deux réalisateurs, il s’est ensuite étendu avec l’ajout de nombreux animateurs et artistes des studios Disney. L’équipe du film s’est ensuite agrandie avec toutes les personnes des Îles du Pacifique : experts, archéologues, anthropologues, chorégraphes, et même un maître tatoueur. Tous ces personnages ont collaboré à donner de la crédibilité à l’histoire. Cette rencontre entre les artistes Disney et les experts des îles a été très importante dans la réalisation du film.

Si Vaiana est un film en images de synthèse, John Musker raconte qu’il aime l’animation traditionnelle manuscrite, et qu’il cherchait une opportunité de pouvoir l’utiliser. Ainsi Mini-Maui, le tatouage du demi-dieu bénéficie de cette technique, tout comme la séquence d’ouverture du film créée par Eric Golberg. Dans la culture polynésienne, le tatouage est un art qui s’apparente à l’animation traditionnelle et représentait une opportunité de faire avancer l’histoire. L’idée de l’animation des tatouages de Maui a évolué durant la conception du film : les réalisateurs voulaient créer une sorte de conscience, à l’image de Jiminy Cricket dans Pinocchio. Ce petit personnage sert l’intrigue en affirmant à la fois le côté égocentrique de Maui, tout en le contredisant par moment et donnant raison à Vaiana.

Ron Clements et John Musker ont créé de nombreuses héroïnes Disney par le passé, comme Ariel, Jasmine, Tiana (de La Princesse et la Grenouille) mais Vaiana apparaît comme unique en son genre. Pour Ron Clements, ce qui la rend si unique, c’est le fait qu’elle parte dans une aventure singulière : elle ne part pas pour trouver quelqu’un, mais pour sauver son monde. Il n’y a pas de romance dans l’histoire, et c’est une vraie héroïne d’action. Chaque péripétie s’avère être une épreuve pour elle, et elle teste les limites de son courage, de son endurance, et même de sa compassion. Elle doit se prouver à elle-même qu’elle peut réussir, et elle passe ce test haut la main. Elle devient la personne qu’elle est censée être. Tous ces constats vont faire qu’elle est bien différente des autres héroïnes Disney. Et puis « Vaiana a la chance d’avoir encore ces deux parents » a conclut le réalisateur en riant.

John Musker a évoqué les similitudes entre Fantasia 2000 et la scène de L’Oiseau de Feu, qui traite également du rapport entre le monde volcanique et la régénération de l’environnement. Cette séquence l’a profondément marqué lui et Ron Clements et a été une véritable source d’inspiration dans leur travail. La Planète au Trésor (qu’ils ont réalisé) est assez proche de Vaiana puisqu’il s’agit également d’un film d’aventures mettant en scène un duo où l’on retrouve un mentor et un apprenti. Vaiana et Jim Hawkins restent différents par le fait que Jim est un adolescent renfermé sur lui-même, au cadre familial torturé, avec la perte de son père. À l’inverse, Vaiana a une bonne relation avec ses parents et sa famille. Et puis, il y a ici un film musical, contrairement à La Planète au Trésor qui ne comportait que très peu de chansons.

Pour certains observateurs, l’animation peut atteindre un niveau troublant de réalisme. Mais dans leur travail, John Musker et Ron Clements souhaitaient garder une distance avec ce réalisme. Bien sûr, il y a dans les films d’animation des détails très précis et fidèles concernant les mouvements et les comportements des personnages. Mais tout cela reste tout de même chorégraphié et orchestré de manière à créer une caricature volontaire. Par nature, l’animation se doit de garder une distance avec les films à prises de vue réelles. Ils ont aimé le fait de pouvoir à la fois avoir la réelle force de l’Océan et ses reflets, tout en faisant de lui un personnage à part entière. Les films d’animation permettent cette formule hybride, qui est nécessaire pour retranscrire à la fois ce qu’ils ont vu lors de leurs voyages, et ce qu’ils ont ressenti, le plus fidèlement possible.

Enfin, Osnat Shurer confirme que le film comporte de nombreux clins d’oeil qu’il faudra regarder attentivement. Cependant, elle pense que chaque film doit tout de même avoir son univers unique et ces références ne doivent être d’actualité que par la voie humoristique. Néanmoins, les réalisateurs ont tenu à nous prévenir que Les Mondes de Ralph 2 devrait comporter de nombreuses surprises !

Nous tenions à remercier Cerise Calixte, Mareva Galanter, Anthony Kavanagh et Boualem Lamhene pour leur gentillesse et leur bonne humeur. Un grand merci également à Osnat Shrurer et les légendaires John Musker et Ron Clements pour leur gentillesse et leur disponibilité qui nous aura même permis d’obtenir une dédicace de chacun d’entre eux. Enfin, remerciements également à l’agence Heaven ainsi qu’aux équipes de The Walt Disney Company France pour l’organisation de cet événement qui restera gravé dans la mémoire de tous les journalistes présents.

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Table ronde Vaiana



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