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[Théâtre] Kurozuka : La critique

Date : 02 / 02 / 2016 à 09h30
Sources :

Unification


La maison de la culture et du Japon de Paris (MCJP) a permis aux spectateurs français de découvrir l’excellente pièce de théâtre japonais Kurozuka de la troupe Kinoshita-Kabuchi qui a emporté en 2013 le Grand Prix décerné par le site culturel japonais spécialisé dans les arts vivants CoRich. Le prix du meilleur acteur revenant à l’impressionnant Kimio Taketani dans le rôle de la vieille femme.

Les Photos intégrées dans l’article sont issues de Jean Couturier, celles en fin d’article de Toshihiro Shimizu

Kurozuka est un spectacle adapté du kabuki, une forme de théâtre japonais, un peu tombé en désuétude à l’heure actuelle. Ce théâtre très codifié met en scène des pièces classiques dans lesquelles les déplacements, les costumes, les maquillages, la scène et même la syntaxe et la voix sont réglés au millimètre près. Historiquement les acteurs étaient formés dès leur plus jeune âge à ces rôles et chacun se voyait attribuer un personnage bien défini, notamment féminin.

En effet, bien qu’au 17ème siècle, des femmes pouvaient jouer du kabuki, ce dernier est devenu par la suite un théâtre entièrement interprété par des hommes. A l’heure actuelle, certaines actrices s’essayent à ce genre, mais dans Kinoshita-Kabuchi, l’unique représentante de la gent féminine est interprétée par un acteur réellement époustouflant.

Le théâtre traditionnel n’attire plus les jeunes japonais, aussi un jeune chercheur en kabuki, Yuichi Kinoshita a décidé de lui redonner ses lettres de noblesse en le réactualisant. Pour cela il a créé la compagnie Kinoshita-Kabuki. Puis, il a révisé certaines œuvres traditionnelles. Il en a réécrit certains passages pour employer une langue plus moderne, a changé les costumes et le maquillage et a travaillé la musique pour en intégrer des airs contemporains. Il s’est aussi associé à un talentueux jeune metteur en scène, Kunio Sugihara, pour donner vie à une pièce magnifique.

Dès le début de la pièce, c’est le décor qui retient l’attention. La scène se situe au milieu de deux gradins de fauteuils. Une scène suggère l’intérieur d’une petite maison traditionnelle avec des portes esquissées et un espace au sol l’entourant permettant aux acteurs de se déplacer tout autour. L’ensemble est bien conçu et l’espace parfaitement maîtrisé par les acteurs.

La mise en scène de Kunio Sugihara est impeccable. Malgré les divers rebondissements de la pièce, tout semble avoir été étudié au cordeau et les effets scéniques sont forts convaincants. C’est d’ailleurs un travail très soigné qui a été fait par le metteur en scène. Ce dernier arrivant à garder l’esprit du kabuki en le mélangeant avec succès avec des séquences plus proches du théâtre moderne, voire même du cinéma.

Le travail du son a lui aussi été l’objet d’une grande méticulosité. C’est d’ailleurs par ce biais que musique et chansons traditionnelles se font parfois entendre. L’utilisation d’accessoires modernes comme une sorte de radiocassette pour conter la jeunesse du personnage principal est fort intéressante. Et si certaines personnes ont été heurtées d’entendre des chansons de Disney dans la pièce, la véritable raison en est passionnante. Vous pouvez d’ailleurs la découvrir dans la partie de l’article dédiée à l’interview que j’ai eu l’honneur de faire auprès du créateur Yuichi Kinoshita.
Personnellement, le mélange de musiques traditionnelles, moderne japonaise et contemporaine internationale crée une certaine dynamique qui revitalise la pièce.

Mais si le son joue beaucoup sur la perception qu’a le spectateur de la pièce et donne l’impression à ce dernier de se trouver projeté dans cette chaumière, le travail effectué sur la lumière est impressionnant. La créatrice Nami Nakayama a mis en place une scénographie lumineuse d’une précision diabolique qu’elle ajuste lors de chaque représentation en fonction du jeu des acteurs. En dehors des très beaux effets lumineux qu’elle réalise, c’est l’incroyable séquence dans le noir où seule une lampe torche portée par l’un des acteurs qui éclaire la scène marque les esprits. Ce passage, qui renforce l’angoisse de la situation et fait monter la tension dans la salle, est éblouissant. D’autant que le spectateur ne perd rien de ce qui se passe sur scène et a vraiment l’impression de se retrouver au cœur de l’action. C’est un magnifique exemple de la puissance du spectacle vivant qui permet d’atteindre des émotions d’une pureté et d’une force incomparables que le cinéma n’arrive pas à générer.

La refonte des costumes n’a pas été oubliée, et ce sont des tenues modernes, parfois flashy, qu’arborent la quasi-totalité des acteurs. Seul le personnage principal porte une tenue classique rendant la différence de style plus importante. Ce choix donne encore plus de poids à cette vieille femme finalement intemporelle et permet d’ancrer la pièce dans le Japon moderne.

Si l’histoire n’est pas très surprenante en elle-même, c’est réellement la qualité des acteurs qui fascine. Ces derniers ont passé un mois à voir la pièce et à la reproduire à l’identique (notamment le déplacement des personnages et le placement des voix). Puis leur rôle s’est modernisé et a évolué.

Quatre acteurs interprètent des apprentis moines perdus dans la montagne. Chacun est identifiable et ces derniers incarnent parfois d’autres personnages au gré de l’évolution de l’intrigue, allant jusqu’à entonner une surprenante chanson faisant avancer l’histoire. Comme c’est le cas traditionnellement, ce sont d’ailleurs eux qui content souvent au spectateur l’histoire tourmentée de la vieille femme, alors que cette dernière silencieuse et parfois figée devient l’objet de toutes les attentions.

Mais que dire de la performance de Kimio Taketani ? Elle est époustouflante, tout simplement. Plus qu’une interprétation, c’est une véritable performance physique que livre l’acteur plié en deux pendant pratiquement toute la pièce sans jamais perdre de qualité au niveau de la projection de sa voix. Ses déplacements au millimètre, le moindre de ses gestes, l’intonation de chaque syllabe, la phraséologie, et surtout sa présence impressionnante sur scène sont parfaits. C’est un véritable tour de force pour les autres comédiens de continuer à exister en présence d’un tel acteur. Mais l’équilibre est bien trouvé et si le regard ne cesse de se tourner vers cette étrange vieille femme, les jeunes aspirants moines ne sont jamais éclipsés.

Les puristes pourront aussi découvrir un kurogo (un assistant de scène) habillé en tenue noire traditionnelle qui vient effectuer le changement de costume de la vieille femme dans la dernière partie de l’histoire prélude à l’emballement de l’intrigue. Cette nouvelle tenue permet à l’acteur d’effectuer une étrange et envoûtante danse, écho de la déception et de la rage qui l’habitent.

Kurozuka est une pièce remarquable. Avec une mise en scène soignée, un très beau travail sur le son et la musique, une magnifique adaptation de l’œuvre originale et d’excellents acteurs, c’est un superbe spectacle auquel j’ai assisté. Et la prestation éblouissante de Kimio Taketani restera longtemps dans ma mémoire.

Je salue aussi la très bonne traduction qu’a produite la MCJP pour la pièce permettant au spectateur non versé dans la langue japonaise d’apprécier au mieux le spectacle, et ses subtilités de langages (le texte traditionnel étant écrit en italique et le contemporain en caractères normaux).

Merci aussi à la MCJP de proposer années après années des spectacles d’une telle qualité aux spectateurs français. La programmation diverse et détaillée est disponible sur le site de la MCJP et j’invite tous les curieux et les passionnés à découvrir les différentes conférences, ateliers et spectacles… proposés à des tarifs toujours concurrentiels quand ils ne sont tout bonnement pas en entrée libre.

INTERVIEW DE YUICHI KINOSHITA

Je tiens à remercier le créateur Yuichi Kinoshita d’avoir accepté, à l’issue de la pièce, de répondre à quelques unes de mes questions. C’est un homme passionnant qui sait faire vivre avec force ses convictions. Les éléments qu’il m’a apportés sur la pièce m’ont beaucoup enrichie et j’espère que vous apprendrez vous aussi des choses intéressantes en découvrant sa vision du kabuki.

Je tiens aussi à remercier Aya Soejima qui a servi de traductrice à nos échanges. Cette dernière a aussi traduit à la volée l’introduction orale de Yuichi Kinoshita et Kunio Kinoshita à la pièce Kurozuka et j’en profite pour souligner le grand talent de l’une des meilleures traductrices, toutes langues confondues, que j’ai entendues.

Il y a un très grand travail sur la scène. Est-ce que les décors présentés à Paris ont été adaptés ?

Nous jouons la pièce avec la même configuration dans tous les théâtres. Je demande aux lieux où nous faisons notre prestation de personnaliser le décor avec des pochoirs pour donner l’impression qu’ils appartiennent au théâtre (les différents éléments du décor étaient marqués du sigle MCJP lors de la représentation, nda). La structure en bois a été conçue pour le spectacle et le public se retrouve de part et d’autre de la scène. Les différents éléments l’entourant viennent de ce qui a été trouvé dans les couloirs et réserves de la MCJP.

Pourquoi avez-vous fait ce choix de musique ?

La chanson qu’interprètent les acteurs a été écrite pour la pièce.
En ce qui concerne la musique de Disney, c’était un choix délibéré. En effet, dans la pièce originale, il y a une comptine. Mais cette dernière ne serait pas passée avec le public actuel qui ne la connaît pas. Au Japon, nous sommes à certains niveaux très proches des États-Unis. Pour les jeunes japonais, les musiques de Disney sont des chansons d’enfants et des berceuses, d’où ce choix.

De plus, le kabuki est un pot-pourri de différentes choses et musiques à interpréter. Cela à toujours été traditionnel de mélanger différents styles de musique. Maintenant, on a l’impression que dans le kabuki classique il n’y a que des musiques anciennes, mais elles n’appartiennent pas forcément à la même époque. J’ai voulu transposer cet esprit en mettant en place une œuvre musicale composée de différents morceaux et genres musicaux.

Comment avez-vous travaillé le son de la pièce ?

Nous cherchons d’abord un équilibre dans l’ensemble de la pièce, puis nous travaillons sur la retranscription du son. A un moment, les moines font de la musique avec leur bouche en mimant des percussions et du shamisen (sorte de luth à trois cordes à long manche, nda). Il y a aussi de la musique plus moderne. La musique traditionnelle exprime l’excitation des moines. Les percussions ressemblent à un cœur qui bat.

Comment avez-vous fait le casting, notamment de l’acteur qui interprète le rôle principal ?

Je discute avec le metteur en scène, et nous essayons de trouver des acteurs qui n’ont pas tout à fait la même image que celle du rôle qu’ils doivent interpréter. Cela permet de créer un certain décalage car je veux créer une nouvelle lecture de la pièce classique. Et cette différence entre l’image de l’acteur et celle de son rôle permet de créer un nouveau souffle.

Qu’en est-il du travail de la lumière ?

Il a été très précis et méticuleux. La créatrice, Nami Nakayama, a fait des calculs au centimètre près. C’est elle qui est en régie, et elle s’adapte en temps réel au jeu des acteurs. La régie lumière est en quelque sorte une interprétation live.

Quel est la différence entre le public japonais et le français ?

Les deux publics n’ont rien à voir. Il y a une grande diversité parmi les échos des retours de la pièce à Paris. Tous les japonais partagent le même sentiment de distance par rapport aux pièces traditionnelles et classiques. Et comme ma pièce est basée sur ce contexte, cela me permet de savoir les réactions du public.
A Paris, la distance entre chaque personne du public et les arts traditionnels varie. Il y a des gens qui trouvent la pièce trop scolaire, d’autres qui auraient préféré une mise en scène plus déconstruite, certains trouvent que l’image vis-à-vis de Disney est trop cheap… Et cela m’intéresse, c’est très stimulant pour moi. Cela nous aide à nous voir comme un miroir. Si on restait toujours au Japon, on n’aurait jamais pu nous définir. C’est intéressant de découvrir comment on nous voit de l’extérieur.

SYNOPSIS

La compagnie Kinoshita-Kabuki donne une nouvelle jeunesse au théâtre kabuki en créant des adaptations modernes de pièces classiques. Kurozuka a pour thème une légende de la région du Tôhoku : des moines en voyage font halte chez une vieille femme qui se révèle être une ogresse...
Une pièce audacieuse où le théâtre contemporain dialogue avec le kabuki.

SITE DE LA COMPAGNIE (en anglais)

DISTRIBUTION

  • Direction artistique : Yuichi Kinoshita
  • Mise en scène, scénographie : Kunio Sugihara
  • Avec : Kimio Taketani, Shinya Natsume, Kan Fukuhara, Yuya Ogaki, Wataru Kitao
  • Lumières : Nami Nakayama
  • Son : Daisuke Hoshino
  • Costumes : Kyoko Fujitani
  • Chorégraphie : Momoko Shiraga et Wataru Kitao
  • Assistant à la mise en scène : Tetsuya Iwasawa
  • Direction technique : Koro Suzuki
  • Rédacteurs : Takatoshi Inagaki, Ayumi Seki
  • Chargée de production, régie surtitrage : Asami Horu
  • Production : Mai Hongo
  • Traduction de la pièce : Miyako Slocombe
  • Création : mai 2013 à Yokohama
  • Durée : 2h (introduction incluse)
YUICHI KINOSHITA


Yuichi Kinoshita est né à Wakayama en 1985. Durant son enfance, il est impressionné par la performance d’un conteur de Kamigata-rakugo. Par la suite, son intérêt s’étend à d’autres formes de spectacles traditionnels. Alors qu’il étudie le théâtre contemporain à la Kyoto University of Art and Design (département des arts de la scène), il fonde en 2006 la compagnie Kinoshita-Kabuki avec laquelle il présente des adaptations contemporaines de pièces du répertoire classique.

Auteur et superviseur, Kinoshita crée ses pièces en étroite collaboration avec des metteurs en scène. Récemment, il a monté Yoshitsune Senbonzakura (2012 / direction à la mise en scène : Junnosuke Tada / mise en scène : Momoko Shiraga, Kunio Sugihara), Sannin Kichisa (2014-2015 / mise en scène : Kunio Sugihara), etc. Ses pièces sont programmées dans des festivals japonais reconnus tels que Festival Tokyo ou Kyoto Experiment.

Yuichi Kinoshita a également écrit plusieurs ouvrages sur le théâtre classique et donne de nombreuses conférences sur ce thème. Actuellement, il écrit sa thèse de doctorat consacrée au style Takechi-Kabuki de Tetsuji Takechi (1912-1988).

KUNIO SUGIHARA

Metteur en scène et scénographe, Kunio Sugihara est né à Tokyo en 1982 et a grandi dans le département de Kanagawa. Il est diplômé de la Kyoto University of Art and Design (département des arts de la scène). Depuis, il s’occupe essentiellement de la mise en scène et de la scénographie pour diverses compagnies dont Kinoshita-Kabuki. Ses mises en scène se caractérisent par une certaine impertinence combinée à une esthétique pop. En 2004, il fonde sa propre compagnie, KUNIO, avec laquelle il monte la même année Les Pélican de Radiguet, puis Nippon Wars de Takeshi Kawamura (2006), Les chaises de Ionesco (2008), Le labyrinthe d’Arrabal (2009), etc.

En 2006, il commence sa collaboration avec Kinoshita-Kabuki en signant la mise en scène de Tokaido Yotsuya Kaidan. Depuis, il a mis en scène cinq pièces de cette compagnie.

En 2009, il est récompensé au Kyoto Art Center Performing Arts Award pour Angels in America Part 1 : Millennium Approaches.

COMMUNIQUḖ DE PRESSE

Kinoshita-Kabuki : une relecture du kabuki par Yuichi Kinoshita

Né en 1985, le jeune chercheur en kabuki, Yuichi Kinoshita s’intéresse dès l’enfance aux arts traditionnels et acquiert au fil des ans une connaissance approfondie dans ce domaine. En 2006, alors qu’il étudie le théâtre contemporain à la Kyoto University of Design and Arts, il crée la compagnie Kinoshita-Kabuki. Il se considère à la fois comme « un intermédiaire entre les auteurs classiques et les metteurs en scène contemporains », « un conseiller dramaturgique » et « un traducteur du kabuki pour les artistes et le public ».

Pour chaque projet, il fait appel à un jeune metteur en scène et tient le rôle de superviseur. Dans un premier temps, il rassemble et analyse une documentation historique, les différentes versions de l’histoire traitée dans la pièce, l’iconographie (photographies, estampes…). La création commence par une étude minutieuse d’une représentation de la pièce d’origine sur support audiovisuel, puis les acteurs apprennent à jouer fidèlement cette version classique. Le tiers de la période des répétitions est consacré à ces tâches (par exemple, un mois sur trois mois de répétition). Les dialogues et les gestes sont ensuite recréés avec un regard contemporain. En général, trois types de langage sont utilisés : le japonais classique du kabuki, le japonais contemporain et le japonais contemporain récité à la façon du kabuki. L’accent ainsi mis sur les différents styles de langage montre la distance que les Japonais d’aujourd’hui éprouvent vis-à-vis des pièces classiques.

Yuichi Kinoshita doute que les pièces classiques soient « universelles ». Conscient du fossé qui existe entre l’univers classique et le monde contemporain, il aime faire appel à un processus de création qui permet de combler cette distance. « C’est justement parce qu’elles sont éloignées de notre monde actuel que se révèle l’aspect contemporain des pièces classique japonaise. » dit-il.
Les pièces classiques japonaises occupent une place particulière. Paradoxalement, elles sont beaucoup moins familières à la génération de Yuichi Kinoshita que les œuvres de Shakespeare.
Alors qu’en Europe les adaptations contemporaines d’opéras ou de pièces de la tragédie grecque sont nombreuses, au Japon, les relectures de classiques japonais sont rares. Sans doute parce que ce ne sont pas seulement les textes qui nous ont été transmis, mais aussi les décors, la musique et les « kata », c’est-à-dire les codes de jeu des interprètes. La mise en scène est en effet indissociable du texte. L’intention de Kinoshita-Kabuki est de retravailler ces codes et de les interpréter de façon contemporaine. Cette compagnie veut aussi former des jeunes metteurs en scène capables d’aborder des pièces classiques.

Kurozuka

Kurozuka est une pièce de kabuki écrite en 1939 et inspirée d’un nô lui-même basé sur une légende de la région de Fukushima. Si la pièce de kabuki mettait l’accent sur la danse de la vieille femme, Yuichi Kinoshita privilégie l’analyse de ce personnage, ajoutant même des éléments qu’il a découverts sur son passé, et souligne la force du récit. Alternance de la langue du kabuki avec celle d’aujourd’hui, transformation de la masure en une lande éclairée par la lune, ou encore fusion de la gestuelle du kabuki avec la danse contemporaine : une immersion dans un univers qui n’est ni passé ni présent !

La version de Kinoshita-Kabuki reprend fidèlement quelques scènes de la pièce de kabuki, par exemple la danse de la vieille femme avec son ombre créée par la lune. Le fait qu’un acteur soit parfois silencieux et que ses émotions soient exprimées à travers les paroles d’autres interprètes a également été emprunté à diverses formes de théâtre japonais.

CoRich, site culturel japonais spécialisé dans les arts vivants, a décerné en 2013 :

  • le Grand Prix à la pièce Kurozuka
  • le prix du meilleur acteur à Kimio Taketani (dans le rôle de la vieille femme) Commentaires du jury à propos de la pièce

« Yuichi Kinoshita incarne un académisme joyeux et ouvert sur le monde. Sa compagnie ne fait pas simplement revivre cette pièce classique dans le monde d’aujourd’hui. Elle en complète les parties manquantes et y ajoute une saveur incomparable, donnant naissance à un nouveau Kurozuka version Kinoshita. »

Commentaires du jury à propos de Kimio Taketani

Son jeu n’est jamais excessif, mais il n’est pas froid pour autant. De plus, on sent qu’il ne recherche pas le réalisme. C’est un acteur d’une grâce particulière, profonde et insaisissable.


Photo © Toshihiro SHIMIZU


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