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Le chanteur : La critique

Date : 22 / 01 / 2016 à 10h30
Sources :

Unification


Entre docu-fiction et ciné-réalité, Le Chanteur flirte même avec la télé-réalité dont il s’empare des codes, pas vraiment à son avantage, à mon goût.
Déjà pas fan de ce genre d’émission, j’avoue m’être un peu forcée pour rester dans mon fauteuil jusqu’au bout. A la maison je serais allée me prendre une bière au frigo et j’aurais probablement changé de chaîne.
Et pourtant, je trouve ce chanteur talentueux, et même attachant, mais la manière dont est contée son histoire me rapproche trop du quotidien, de ces images qu’on zappe mais retrouve immanquablement sur le petit écran. Du coup, rien ne m’apparaît exceptionnel.

Et le parcours du jeune homme se fond inexorablement dans la mièvrerie d’une forme narratrice agaçante, alors qu’il devrait au moins m’émouvoir, me surprendre.

Le réalisateur Rémi Lange revendique "un ton et un style participant à l’émergence de la contre-culture cinématographique"...
une nouvelle, nouvelle vague, qui a décidé de renouveler le métier en lui donnant une forme un peu différente, aujourd’hui dénommée "cinemabrut", définie ainsi :
"En brisant les codes cinématographiques, une profusion de nouveaux schémas audiovisuels voient le jour. Les frontières entre le cinéma-fiction, le documentaire, le clip vidéo, le court ou le long métrage s’abolissent pour donner naissance à une nouvelle forme artistique portée par une véritable liberté d’expression."
Et qui lorgne donc du côté de la vidéo et du numérique, tout en réclamant sa part de salle obscure. Dévoilant, c’est tout à son honneur, tout un "potentiel vu dans des conditions confortables, sur grand écran, avec un bon son, dans le noir."
Faisant fi des "nouveaux écrans", pour lesquels pourtant, ce film-ci me semble tout indiqué.

A l’heure où le "cinéma traditionnel" fait la démarche inverse et tente d’entrer dans les foyers par le biais "toute diffusion-tous écrans", télévision, PC, téléphone, voilà que les pionniers d’un nouveau "cinéma libertaire", émancipé du carcan des monopoles, des productions classiques et leur cortège d’obstacles infranchissables (surtout financiers), inventifs comme leurs illustres prédécesseurs, adeptes de la bidouille et des nouvelles technologies qui ouvrent tant d’horizons, reviennent s’installer dans les salles, pour rassembler les spectateurs et "mâter ensemble" ce qu’il auraient peut-être bien zappé à la télé.

L’expérimentation cinématographique semble n’avoir aucune limite, sauf celle de l’adhésion du public et encore... on ne mettra jamais tout le monde d’accord devant une oeuvre d’art... conceptuel.
A moi, celle-ci, n’a parlé que tout bas... et sans y trouver de défaut excessif, je me suis plus sentie cobaye que spectatrice de cet opus, que je respecte en tant que pamphlet militant, mais n’apprécie que moyennement en tant que cinéphile... peut-être plus conformiste que j’aurais cru.

A voir, donc, pour se faire sa propre idée. A écouter pour la voix et les chansons de Thomas Polly.
"Expérimentatoire." (Comment ça, ça existe pas ?)

DB

De manière générale, quand on reçoit des invitations à des projections, c’est au mieux accompagné d’une bande-annonce, d’un synopsis, au pire de rien du tout.

Dans le cas du Chanteur, nous avions pléthore d’informations : un synopsis, une bande-annonce et un dossier de presse.

Pourtant, après l’avoir visionné, je me demande quelle est sa finalité ... quel but poursuit Remi Lange dans ce long métrage : nous dévoiler la difficulté de percer dans le milieu artistique ? Nous montrer, parfois de manière assez cru, à quoi en sont réduits ceux qui veulent faire leur place au soleil ?

Là-dessus, Lange y parvient, c’est certain.
Thomas nous emmène dans une réalité sans fard, parfois dérangeante, au détour de ses galères. Quelle est la part autobiographique, quelle est la part romancée du jeune auteur/compositeur/interprète ? Une bonne partie autobiographique j’imagine.

Le Chanteur se veut un film à message qui fait fi de la forme, nombre de scènes semblent caricaturales, le trait forcé.

Pas pour tous les publics, c’est certains.
Cependant, sans être une mega découverte, Thomas Polly se révèle un chanteur à textes, un garçon qui a des choses à dire. Dommage que ses compositions soient souvent tristes, normale puisqu’elles illustrent son évolution dans le film, et que la scène de fin reboucle sur celle d’ouverture. On aurait aimé un final plus optimiste.

Un peu déprimant tout ça ... mais pour toute œuvre il y a un public donc ... que chacun se fasse son propre avis.

G


SYNOPSIS


A la mort de sa mère, Thomas décide de s’affranchir d’une famille qui l’étouffe et d’une province qui le sclérose. Son but depuis toujours : devenir chanteur comme dans les comédies musicales qui ont bercé son enfance. Avec sa guitare, sa rage de vaincre et ses illusions pour seuls bagages, il débarque à Paris. Là, la réalité des choses s’offre violemment à lui. Mais, à force de rencontres et d’expériences, il entreprend un double voyage initiatique : professionnel et également... personnel.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


- Durée du film : 1 h 40
- Titre original : Le chanteur
- Date de sortie : 27 janvier 2016
- Réalisateur, Scénariste, Montage : Rémi Lange
- Interprètes : Thomas Polly, Thérèse Lanfranca, Annie Alba
- Musique : Thomas Polly, Gaëtan Bernard
- Producteur : Les Films de l’Ange
- Distributeur : Destiny Films

LIENS


- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Le chanteur



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