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007 Spectre : La critique

Date : 28 / 10 / 2015 à 15h30
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Unification


Spectre est un sacré pari, et pour une seule grosse raison : passer après Skyfall, le plus gros tabac bondien au box office, et chéri des critiques. Sur le papier, tout le talent est là. De Skyfall, la production récupère scénaristes, acteur principal (devenu producteur associé), réalisateur, compositeur, décorateur.

Spectre est la conclusion narrative des trois premiers James Bond de Daniel Craig, imbriquant les histoires précédentes dans cette nouvelle histoire. C’est plutôt réussi et donne à la période Craig un côté mini-série point désagréable. Et en dépit d’une fin délibérément conclusive, cela n’empêcherait pas l’acteur de revenir d’ailleurs pour une paire de missions supplémentaires.

Le film bénéficie d’une première heure enlevée, puis se calme un peu à l’orée du désert saharien, redémarre puis cale quelque peu sur la toute fin en n’exploitant finalement pas assez son grand méchant. Dommage.

Le casting est brillant. Ben Wishaw en Q a tendance à voler la vedette à ses partenaires à chaque fois qu’il apparaît, Naomie Harris se glisse dans la peau de Moneypenny avec un naturel remarquable, Ralph Fiennes incarne l’autorité de M sans effort, Dave Bautista est convaincant en réincarnation du célèbre Jaws / Requin et dont la seule réplique vaut largement le prix du ticket d’entrée, Monica Bellucci est superbe dans les cinq minutes qui lui sont octroyées. Les mentions spéciales : Jesper Christensen… ce type est génial d’intensité dès qu’il apparaît… même en mauvaise posture. Et son unique scène avec Bond est un des moments intéressants du film. Léa Seydoux surprend aussi agréablement, donnant du corps et de l’âme à un rôle pourtant avare d’humanité sur le papier. Enfin, il l’a déjà montré mais, plus que jamais, Daniel Craig est… impérial.

Je n’ai pas mentionné l’immense Christoph Waltz, et pour cause… son personnage est plutôt peu exploité et le condamne à "faire du Waltz", sans le grain de folie que permettait les semi-parodiques Tarantino. Son personnage de Franz Oberhauser aurait plus être plus glaçant (ce qu’il parvient à être dans sa toute première scène lors de la réunion kubrickienne du Spectre), plus méchant, mais desservi par un scénario lâche à son égard et une intrigue secondaire le liant à Bond, digne d’un Austin Power (façon "Austin, je suis ton pèèère"), il déçoit et ce n’est pas sa faute. En comparaison (on aime bien les comparaisons quand il y a 24 films qui le permettent) Silva était bien plus marquant dans Skyfall.

Les scènes d’action ne désappointent pas car Mendes trouve l’équilibre entre délire destructeur et réalisme, ce qui permet au spectateur d’y croire un maximum ou du moins, pour reprendre la célèbre expression cinématographique, de "suspendre son incrédulité". Point de bloubi-boulga au montage haché, charcuté : l’action est lisible dans ce film. Peut-être certains diront qu’elle est plan-plan. Je dirai lisible. Il faut souligner combien celle qui constitue le cœur du prégénérique, à la suite d’un époustouflant plan séquence d’ouverture, est une des plus prenantes du film.

Plus décevant sont la musique de Thomas Newman (anonyme), le rôle de "C" (prévisible) ou les histoires d’amour (trop rapides dans leur développement). La chanson de Sam Smith est affaire de goût mais le générique de Daniel Kleinman qu’elle illustre est superbe. Principalement, si la logique narrative tient debout, le film laisse parfois la sensation peu agréable de tout enchaîner en ayant peur de traîner (ce qui arrive pourtant un peu au milieu du film). Les apparitions éclair de Monica Belluci, de l’Aston Martin DB10 (belle scène, plus dans le style que dans la tension), de la base secrète du méchant renforcent cette impression de compactage forcé des éléments nécessaires à la formule bondienne.

Mais le film regorge de répliques à l’emporte-pièce très drôles - humour bienvenu, il faut le souligner, et bénéficie d’une direction d’acteur irréprochable et d’une élégance de mise en scène de la part de Sam Mendes qui en rendent l’accès fort agréable. Votre propre appréciation de ce 24ème James Bond dépendra de votre lien à la célèbre saga. Avide de nouveauté et d’un punch émotionnel rare chez 007 (Casino Royale et Skyfall), le film pourrait vous décevoir un brin. Tout en joie de retrouver la formule d’antan (humour et décontraction, sans contredire l’univers plus riche du Bond de Craig) et vous serez ravis. A vous de voir !

SYNOPSIS

Un message cryptique venu tout droit de son passé pousse Bond à enquêter sur une sinistre organisation. Alors que M affronte une tempête politique pour que les services secrets puissent continuer à opérer, Bond s’échine à révéler la terrible vérité derrière... le Spectre.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 2 h 30
- Titre original : 007 Spectre
- Date de sortie : 11/11/2015
- Réalisateur : Sam Mendes
- Scénariste : John Logan, Neal Purvis et Robert Wade d’après les personnages créés par Ian Fleming
- Interprètes : Daniel Craig, Christoph Waltz, Monica Bellucci, Léa Seydoux, Dave Bautista, Andrew Scott, Ralph Fiennes, Ben Whishaw et Naomie Harris
- Photographie : Hoyte Van Hoytema
- Montage : Lee Smith
- Musique : Thomas Newman
- Costumes : Jany Temime
- Décors : Dennis Gassner
- Producteur : Barbara Broccoli et Michael G. Wilson pour Columbia Pictures, Metro Goldwyn Mayer, Eon Productions Ltd, B24 et Danjaq productions
- Distributeur : Sony Pictures Releasing France

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

007 Spectre - James Bond



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