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Les Fant4stiques : La critique

Date : 05 / 08 / 2015 à 07h30
Sources :

Unification


Rarement un film n’aura été décrié avec autant de véhémence dès l’annonce de son projet. Quasiment toute information a donné lieu à des débats sans fin. Son casting, l’âge et la couleur des personnages, le présupposé tournage en stock footage, les rumeurs d’un réalisateur en roue libre et des remontages successifs pour limiter les dégâts… Rien n’a été épargné à ce reboot des 4 Fantastiques.

Conçu sans doute à la hâte pour éviter que les droits de la franchise reviennent à Marvel, l’objectif de la Fox semblait clair : offrir un reboot à l’opposé des deux films de Tim Story. Malgré de nombreux défauts, ceux-ci étaient plutôt respectueux du matériel d’origine et particulièrement de la dynamique de groupe si particulier de ce comics. Sorte de famille recomposée un peu dysfonctionnelle du fait des pouvoirs de ses membres, c’est justement sur les rapports humains que ce comics sortait de l’ordinaire. Que seraient Les 4 Fantastiques sans ces 4 individus qui s’aiment et se chamaillent comme une vraie famille… des super-héros comme il y en a tant d’autres.

Et c’est bien ce qu’il manque cruellement à cette version de Josh Trank : l’affection que les personnages se portent entre eux. Bye Bye la relation particulière entre Johnny Storm et Ben Grimm où le dernier est une sorte de père de substitution pour la Torche, c’est à peine si les deux personnages se parlent dans le film. Bye Bye la dynamique de couple entre Susan Storm et Reed Richards, c’est peu dire qu’il n’existe aucune attirance visible entre eux à part une scène de bibliothèque où la future Femme invisible ne lève quasiment pas un regard sur Richards. Il en résulte une absence d’alchimie qui fait qu’on ne s’attache à personne. Et le fait d’avoir des personnages du même âge n’arrange rien.

La prestation à l’écran du casting est à l’avenant de l’absence d’enjeu émotionnel. Miles Teller y interprète Reed Richards, un nerd incompris par sa famille et qui se lie d’amitié avec le seul de son âge qui arrive à lui porter un peu d’intérêt. On a l’impression qu’on a intimé l’ordre à Jaimie Bell de n’avoir qu’un seul visage pendant tout le film afin d’obtenir une seule couleur de personnage, que ce soit en chair et en os ou en version rocailleuse informatisée. Les deux tiers du film, Kate Mara se concentre sur ses diagrammes, tapote sur son clavier et n’obtient ses pouvoirs que d’une manière collatérale. Et Michael B Jordan se prend pendant 30 secondes pour Vin Diesel dans Fantastic & Furious pour montrer que c’est un grand rebelle. A cela, il faut rajouter Toby Kebbell, un futur Fatalis hacker imbu de lui-même, qui se transformera plus tard en Mister Kryptonite 2015. Seul acteur à sortir du lot et à offrir une prestation digne d’intérêt, Reg E. Cathey (le père de Sue et Johnny) qui impressionne avec sa voix grave et sa présence.

Malgré tout ça, je ne peux pas dire que je me sois ennuyé pendant les 1h46 de métrage. Si on n’est pas fan du comics, si on ne connait rien à ces personnages, ce n’est pas pire que la moyenne des blockbusters d’été. Le film, comme tout film d’origine, a un peu de mal avec son rythme. Il prend son temps pour introduire les personnages ce qui les conduit à avoir leurs pouvoirs assez tard. Et à partir de là, le rythme s’accélère pour arriver au climax final. Cela va d’ailleurs tellement vite qu’on a vraiment l’impression qu’il manque une partie du long métrage. Quand on regarde la toute première bande annonce, celle qui faisait penser à Interstellar, on se rend compte qu’il y a plein de passages qui ne se retrouvent pas au final dans le film. Du coup, cela valide quelque peu les rumeurs de problèmes de montage du film.

C’est anecdotique, mais il y a enfin plein de petits détails qui choquent ou ennuient : la Latvérie, dont on aperçoit seulement le nom sur un document sans que cela ait une quelconque utilité, des tirades de dialogues qui rappellent les pires moments des 2 derniers Matrix, une tentative d’accent kosovar de Kate Mara (oui Sue Storm est originaire du Kosovo…), le « It’s Clobberin’ Time » de la Chose qui arrive comme un cheveux sur la soupe etc etc… Et j’oubliais l’absence totale de référence à l’univers soit disant partagé avec les X-Men. C’est étonnant que les studios possédant des licences Marvel n’arrivent pas comme les productions maisons à truffer leur film de petites choses jouissives pour les fans.

Malgré les paragraphes ci-dessus, je fais partie de ceux dont la trahison d’une œuvre ne dérange pas plus que ça... si cela donne un « putain » de bon film. L’ennui avec ces 4 Fantastiques, c’est que ce n’est pas le cas. Et c’est bien dommage…

SYNOPSIS

Adaptation moderne et résolument nouvelle de la plus ancienne équipe de super-héros Marvel, le film se concentre sur quatre jeunes génies qui se retrouvent projetés dans un univers alternatif et dangereux, qui modifie leurs formes physiques mais aussi leurs vies de façon radicale. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités et à travailler ensemble pour sauver la Terre d’un ancien allié devenu leur ennemi.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 1 h 46
- Titre original : The Fantastic Four
- Date de sortie : 5/08/2015
- Réalisateur : Josh Trank
- Scénariste : Simon Kinberg, Josh Trank et Jeremy Slater d’après l’oeuvre de Jack Kirby et Stan Lee
- Interprètes : Miles Teller, Kate Mara, Michael B. Jordan, Jamie Bell, Toby Kebbell, Reg E. Cathey, Tim Blake Nelson et Han Soto
- Photographie : Matthew Jensen
- Montage : Elliot Greenberg et Stephen E. Rivkin
- Musique : Marco Beltrami et Philip Glass
- Costumes : George L. Little
- Décors : Chris Seagers
- Producteur : Matthew Vaughn, Simon Kinberg et Gregory Goodman pour Twentieth Century Fox Film Corporation, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, Marv Films et Genre Films
- Distributeur : Twentieth Century Fox France

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

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