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Grizzly : La rencontre avec Alastair Fothergill et Keith Scholey

Date : 02 / 11 / 2014 à 11h09
Sources :

Unification


A l’issue de la projection de Grizzly, nous avons pu rencontrer les deux réalisateurs du film Alastair Fothergill et Keith Scholey qui nous ont parlé de leur expérience et ont répondu aux questions du public. Vous pouvez retrouver leurs anecdotes et la retranscription de la rencontre ci-dessous.

A la fin de la projection un making off du tournage nous a été présenté. En voici les points forts principalement commentés par les réalisateurs.

Au début du tournage, il nous a fallu suivre une mère ours et ses petits. C’était difficile à tourner. Lorsqu’elle est dans la montagne, nous avons mis des caméramans sur skis et nous avons essayé de filmer. Cela a été un échec. Nous avons décidé d’avoir recours à l’hélicoptère.
Ce dernier a été utilisé autour de la mère ours avant le début du tournage pour qu’elle s’y habitue. Cela nous permettait d’avoir un comportement naturel de sa part.

Cet hélicoptère nous a aussi servi lors de la scène de l’avalanche. Nous nous sommes trouvés très près de l’évènement. J’étais alors dans l’appareil et j’ai dit au pilote que je ne pensais pas qu’on pouvait filmer une avalanche de si près dans un hélicoptère. Il m’a répondu que lui non plus !

Notre campement était dans le parc auquel nous ne pouvions accéder que par un petit avion. Tous les déplacements se faisaient à pieds car aucun véhicule n’est autorisé dans la réserve. Nous avons fait des kilomètres pendant le tournage.
Le campement était entouré d’une barrière électrique afin de dissuader les ours et les loups de s’approcher.
Toute notre nourriture était stockée avec soin et les restes et emballages empaquetés afin d’être jetés par la suite. En effet les animaux ne connaissaient pas la nourriture des hommes. C’est aussi pour cela qu’ils ne s’intéressent pas à nous. Nous devions donc respecter cette règle à la lettre.

Le saumon a un rôle essentiel pour l’alimentation des ours et ces derniers suivent leur trajet de la mer jusqu’à l’intérieur des terres.

Nous avons aussi voulu filmer sous l’eau. Nous avons attaché une caméra au bout d’un bâton. L’eau était très transparente mais aucun caméraman ne voulait faire ces prises de vues. C’est un caméraman français qui a travaillé sur la Calypso, le bateau de Cousteau, qui est venu à notre rescousse.

Nous n’avions pas prévu de filmer des loups dans le film, mais ces derniers étaient présents. L’un d’entre eux a voulu à plusieurs reprises attaquer les oursons mais ces derniers, et c’est très rare, l’ont chassé à chaque fois.
Nous avons aussi un passage où le loup pêche le saumon à côté des ours. Il prend un poisson tellement gros que sa tête s’agite dans tous les sens avec le saumon qui essaye de se libérer.

Des guides du parc étaient toujours à nos côtés. L’une d’entre elle, Simyra Taback-Hlebechuk, nous explique qu’en plusieurs années de carrière elle n’a jamais eu de problème avec les ours.
« Si un ours s’approche d’un peu trop près, le guide se lève et se place devant le groupe en s’assurant que l’animal le voie.
Si cela ne le dissuade pas, il fait un pas en avant et demande parfois au reste du groupe de se lever. Si l’ours s’approche toujours, alors le guide sort ses vêtements de pluie. En effet, nous ne les transportons pas uniquement pour nous protéger des averses. Secouer et faire claquer un pantalon de pluie, comme on le ferait avec un torchon, produit un son qui déplaît aux ours. La plupart d’entre eux rebroussent alors chemin. Ils ne tiennent pas tant que cela à se battre."
Le dernier recours pour les guides, qui ne portent pas d’armes à feu, est une fusée de détresse maritime. Nous allumons la fusée et l’agitons devant nous, créant ainsi un écran de fumée lumineux. Les ours ont instinctivement peur du feu et de la fumée et s’enfuient.
En 25 ans de présence des guides dans le parc, seules quatre fusées ont été utilisées, toutes pour dissuader de jeunes ours trop excités. »

Qu’en est-il du scénario ?
On est obligé d’écrire un script pour Hollywood et on choisit des animaux dont on connait le mode de vie. Pour le film, l’idée de départ était de trouver une mère et ses deux petits. Des études ont montré que 50 % des oursons meurent durant la première année. C’était aussi l’élément d’un drame à venir.
Les animaux sont des acteurs qui ne lisent pas de script. Nous n’avions pas prévu les interactions avec le loup qui est apparu car ce n’est pas habituel.

Si les animaux sont en dangers, n’avez-vous pas envie de les aider ?
Nous avons une règle simple. On ne doit jamais intervenir.
Tout d’abord, nous sommes des invités de la nature sauvage.
Ensuite si on agit, on entre dans une spirale d’intervention car pourquoi intervenir à tel moment et pas à tel autre aussi ?
Mais c’était difficile surtout quand le loup menaçait les oursons. En tout cas le loup devait savoir que nous travaillions pour Disney car tout se finit bien.

Comment avez-vous réalisé la séquence d’ouverture ?
C’est la seule séquence que nous avons tournée dans un environnement contrôlé. Si la tanière avait été sauvage, et que nous étions entrés dedans, la mère ours aurait sans doute tué ses oursons.
Mais cette scène était essentielle pour le film qui raconte un an de vie des oursons.
La mère doit consommer beaucoup de saumon pour pouvoir allaiter car elle passe le deuxième hiver avec les oursons dans sa tanière et en l’absence de lait ces derniers peuvent mourir à ses côtés.

Où avez-vous tourné la première séquence ?
En captivité dans un zoo des Etats-Unis.

Le film étant commandé par Disney ne faut-il pas un “happy end” ? Avez-vous suivi une autre famille ours au cas où il y aurait eu un problème avec la première famille ?
Non, nous n’avions pas de plan B. Si un des personnages clé était mort, nous aurions continué sans. C’est déjà arrivé sur Félins.
Ce sont des films que l’on va voir en famille. Entre nous (l’équipe de tournage) il y avait la plaisanterie du happy end. Mais même dans un film familial, la mort d’un animal peut apparaître si on comprend les raisons de sa mort.

Après la vie rêvée des ours, allez-vous faire la vie rêvée des saumons ?
Probablement pas.

Les documentaires anciens donnent l’impression d’être plus violent que ce qu’on nous montre aujourd’hui. Est-ce que vous adoucissez les images que vous montrez ?
Je ne crois pas que les documentaires d’aujourd’hui soient plus soft. Grizzly montre de la violence. Il y a des scènes de combats entre les animaux. C’est un film qui montre la nature, mais nous n’avons pas décidé de nous appesantir sur la violence.

On peut voir maintenant beaucoup de documentaire à la télévision. Qu’est-ce qu’apporte en plus un film au documentaire ?
Au cinéma, il y a un très grand écran et un son particulier. Nous voulions montrer aux spectateurs l’Alaska, qui est un pays que peu de personnes visiteront un jour, sur grand écran.
Le documentaire au cinéma c’est aussi le moyen de toucher les gens et de les engager dans la défense de la nature. C’est une passerelle émotionnelle. Grizzly est plus qu’un documentaire, c’est un véritable film.

Est-ce que vous avez transfiguré la réalité de la nature en histoire ?
Tout ce que vous voyez à l’écran est vrai. Mais nous devions raconter une histoire et nous avons pris ce qu’il y a de meilleur dans la nature. La ligne de séparation avec l’anthropomorphisme est mince. De plus elle est variable selon les pays qui ont des attentes différentes vis-à-vis des documentaires.

Si tout ce que l’on voir dans votre film est vrai, est-ce que vous avez changé le scénario en fonction de ce qui arrivait lors du tournage ?
On a passé beaucoup de temps dans la nature : 400 jours. Et parfois ce qu’on voit et fait se passe dans la nature. Il a fallu faire une grande sélection des moments à garder. Mais cela est vrai sur n’importe quel film.
L’idée était de réaliser une histoire simple avec des éléments très complexes.

Le guide du making-of nous a dit qu’un simple fumigène suffisait pour éloigner les ours. Pourquoi n’est-ce pas utilisé ailleurs ?
La plupart des gens qui vont dans des endroits où il y a des ours ne comprennent pas les ours. Ils portent des armes. Les fumigènes sont simples et faciles à utiliser et ils effraient les ours. Mais les gens qui ont fait le tournage du film avaient à l’esprit la protection des ours. A la différence des autres personnes qui portent des armes à feu pour se protéger.

Combien y avait-il d’ours dans la réserve ?
Il y avait 5.000 ours, principalement sur la côte.
Il y a une anecdote qui concerne le président Roosevelt. Ce dernier revenait bredouille d’une chasse à l’ours en Alaska au début du 20ème siècle et croyant lui faire plaisir on a attaché un ourson à un arbre pour qu’il puisse lui tirer dessus. Le président horrifié a demandé à ce que l’ourson soit libéré et rendu à la nature. On s’est emparé de l’affaire et l’ourson en peluche a vu le jour. Depuis son petit surnom (américain) est le Teddy Bear, Teddy étant le diminutif de Theodore Roosevelt.

Pourquoi avez-vous changé la musique originale de George Fenton par la musique de Laurent Ferler pour la version française du film ?
C’est Jean-François Camilleri, fondateur de Disneynature et Président de The Walt Disney Company - France, Belgique et Pays-Bas, qui répond à cette question.
La version américaine était une musique très locale, très américaine. La direction artistique a choisi une musique américaine pour les américains donc nous avons décidé de changer pour l’étranger. Le film, c’est de la narration, des images et de la musique.

Disney nature est le premier label Disney non créé sur le sol américain. Nous avons pour objectif de raconter la nature par des histoires extraordinaires.

Grizzly est un très beau documentaire avec des images vraiment superbes. Vous pouvez en retrouver la critique sur notre site.

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