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Frankenweenie : Tim Burton nous livre une part de son enfance

Date : 29 / 10 / 2012 à 20h15
Sources :

Source : Unification


L’homme serait-il timide ? Toujours est-il que son air de "petit garçon craintif" est tout à fait raccord avec la promo de son "film d’horreur pour enfants"... Frankenweenie, qui sera à l’écran pour Halloween.

"Moi quand j’étais gosse, j’aimais bien les films d’horreur..." explique le réalisateur qui s’est inspiré de ses souvenirs et ses sensations d’enfant pour créer ses personnages. "Souvent les autres pensaient que j’étais taré, mais moi, je me trouvais parfaitement normal... c’est eux parfois que je trouvais bizarres et je me suis basé sur tous ces caractères que je voyais en eux. La fille étrange du fond de la classe, les rivalités entre gamins, les bagarres et les luttes plus ou moins politiques dans la cour de l’école... tout ce qu’il peut y avoir d’effrayant dans ce monde de l’enfance, tout cela m’a inspiré."

Interrogé sur cette inspiration de ses jeunes années "Se souvient-il de son premier dessin ?" et son inclination pour The Cure et Robert Smith en ouverture de la conférence de presse, Burton s’amuse :

"J’ai été inspiré par beaucoup de musiques, et c’est vrai que j’aime beaucoup la leur. Si elle m’a inspiré c’est inconsciemment car je ne l’ai jamais vraiment utilisé dans mes films. Quant à mon tout premier dessin... oh la, il doit être au fond d’une grotte, je ne sais pas... vous savez, comme tous les gosses, j’ai commencé à dessiner avant même de parler ou de comprendre ce que je faisais, alors mon tout premier dessin, non, vraiment, je ne m’en souviens pas. C’est trop loin."

Et l’audience d’insister sur ses premiers émois au cinéma : "Quand vous étiez enfant vous regardiez beaucoup de films d’horreur, mais aimiez-vous aussi les dessins animés, plus roses, comme les Disney, par exemple ?"

Ce qui fait bien sourire le fantasque Tim : "Beaucoup d’adultes oublient un peu facilement que les dessins animés de Disney sont très durs et zappent complètement leur part noire pourtant marquante. Regardez Blanche Neige et tout le côté sombre de l’histoire. La méchante Reine, c’était effrayant, ça. Les dessins animés Disney ne seraient pas des Disney s’il n’exploraient pas nombre de douleurs et de frayeurs. Rappelez vous la mère de Bambi qui meurt et le Roi Lion ... Ce qui est intéressant c’est que la plupart des adultes oublient ça."

Et l’enfant qui a grandi est resté sur ses désirs précoces. Quand on lui demande ce qu’il rêvait d’être plus tard, il répond par une pirouette :

" Quand j’étais gosse je rêvais de devenir soit un scientifique fou, soit de jouer le rôle de Godzilla en costume. C’était ça mes désirs d’enfant. Je faisais des films Super 8, déjà. J’avais des projets scientifiques, et des projets artistiques et pour moi, quelque part c’était la même chose."

L’école était-elle un monde terrifiant, lui demande-t-on, les professeurs des monstres comme ceux qu’il dessine aujourd’hui ?

"Oui. En fait, la plupart des enfants et des professeurs que je décris sont basés sur de vrais gens dont j’ai le souvenir... Je me rappelle avoir eu des profs comme ça, qui m’impressionnaient tellement que je ne comprenais pas un mot de ce qu’il pouvaient dire. Oui, pour le personnage du film j’ai fait une combinaison de quelques uns de ces profs... on a tous plus ou moins eu un ou deux profs qui ont beaucoup comptés... ce genre de profs qui vous inspirent et peuvent changer votre vie."

Plus qu’un hommage aux films qui l’ont fait vibrer dans sa jeunesse comme ceux de la Hammer, d’Universal, des films d’horreur japonnais, qu’il regardait c’est vrai, Frankenweenie est véritablement un travail de mémoire pour le réalisateur qui explique : " Je suis parti de personnes réelles, l’école, les décors... tout vient d’un souvenir ou d’un autre, mais bien à moi."

Et justement, "Qu’est-ce que vous avez contre la banlieue ?" demande avec ironie un interlocuteur facétieux dont l’impression est qu’il la dénigre souvent dans ses films.

"En fait, la banlieue, c’est là d’où je viens. Et si les gens pensent que je la déteste c’est peut-être oui, que j’ai commencé en réglant quelques comptes avec elle. Parce que quand j’étais enfant, j’avais du mal à exister à Burbank, à y vivre, à y être une personne. Aujourd’hui, je suis plus apaisé, jamais plus je n’habiterais à Burbank, mais je n’oublie pas la part que cela a joué dans ma construction et que même si c’est derrière moi, cela fera toujours partie de moi."

"Une enfance donc triste ? Révoltée ? Ou interminable ?" ose-ton au premier rang.

"Oh, c’est un mélange de tout ça. Comme tous les enfants, je suis un peu passé par tous ces stades. Je ne crois pas qu’il y ait un seul enfant heureux tout le temps. Pour tout le monde il y a des moments difficiles et dans ces moments difficiles, j’étais content d’avoir moi cette envie, cette faculté de faire des choses, cette envie de créer... pour moi ça a fait la différence."

On ne peut s’empêcher d’avoir remarqué quelques chauve-souris dans Frankenweenie, petit clin d’oeil à Batman ? Le héros ailé lui manquerait-il ?

"Non..." s’amuse Tim. "Bien entendu, j’ai adoré travailler avec ce personnage, mais là ça n’a rien à voir. Tout le monde sait que dans ce genre de films on ne peut pas échapper à certains éléments de décors... et qui dit film d’horreur, dit fatalement à un moment ou un autre passage d’une chauve-souris dans le paysage."

Interrogé sur la technique et ses débuts dans l’animation, Burton reconnaît volontiers être plutôt "mauvais dans l’animation classique" et que son goût pour la stop-motion est un choix qui s’imposait pour ce film en particulier : "Il y a un côté tactile, un côté magique à donner du mouvement à des objets inertes. Leur donner vie, ça excite l’imaginaire. Et en l’occurrence, c’est ce que fait le héros."

Quand on lui demande s’il a une discipline de travail, il répond création et "temps pour soi"... "Prendre le temps de ne rien faire, d’écouter le silence, c’est aussi une matière d’inspiration".

Et de conclure qu’il se ressource dans l’enfance est la moindre des choses pour ce "grand gosse qui refuse de grandir". Mais a tout à fait compris le parti qu’il peut tirer de ce monde des adultes dans lequel il intervient quand bon lui chante, pour "assumer tout de même" sa vie d’homme.

Un artiste un peu farouche, qui prend visiblement plaisir à parler de son métier et de ses inspirations, mais disparaît bien vite, presque soulagé, quand "la cloche a sonné". Comme impressionné par le pannel de photographes qui le shootent jusqu’à ce qu’il ait quitté les lieux. Un artiste aussi mystérieux que ses personnages à qui il confie certainement nombre de ses angoisses.

Un bien agréable moment qui apporte à Frankenweenie un éclairage intéressant.
Bonne projection !


Frankenweenie est Copyright © Walt Disney Pictures et Tim Burton Productions Tous droits réservés. Frankenweenie, ses personnages et photos de production sont la propriété de Walt Disney Pictures et Tim Burton Productions.



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