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Japan Expo 2012 : Interview d’Alexis Orsini auteur de L’Air du temps

Date : 18 / 07 / 2012 à 20h05
Sources :

Source : Unification France


A l’occasion de la Japan Expo 2012, Unification France a pu s’entretenir avec Alexis Orsini auteur de la monographie : "l’Air du Temps" consacrée à Naoki Urasawa l’invité d’honneur de l’évènement.

Unification France : Peux-tu te présenter en quelques mots et présenter ton livre ?

Alexis Orsini : Je suis un étudiant en lettres modernes de 22 ans, qui tient un site dédié à Naoki Urasawa, La base secrète depuis 2005. L’air du temps est en quelque sorte l’évolution logique de mon travail sur le site vers une version papier, plus aboutie et pleine d’informations inédites.

Unification France : Quel est le but de ton livre ?

Alexis Orsini : Il est censé permettre aux fans d’Urasawa de découvrir en détail son parcours, sa carrière (ces informations étant inaccessibles en France depuis des années), et de mieux comprendre ses thèmes récurrents, ses influences. Ce n’est toutefois pas le seul but du livre puisque je l’ai rédigé en ayant pour autre objectif de donner envie aux lecteurs qui ne connaissent pas l’œuvre d’Urasawa de s’y essayer.

Unification France : Qu’est ce qui fut le plus difficile dans la réalisation de ta monographie ?

Alexis Orsini : Ça peut paraître anodin, mais le fait de devoir garder le secret sur l’ouvrage, et donc de ne pas pouvoir en parler à d’autres fans de l’auteur, de ne pas avoir d’avis extérieur sur ce que j’écrivais, était parfois difficile à supporter. On est seul face à son texte et on a parfois des doutes sur son intérêt, on se demande s’il touchera vraiment le public, si les fans y trouveront leur compte...

Unification France : Comment t’es venue la structure de ton livre ?

Alexis Orsini : J’avais une idée de base assez simple : une partie biographique et une partie analytique. Et puis au fur et à mesure de la rédaction j’ai regroupé certains chapitres ensemble car ils se recoupaient naturellement.

Unification France : Pourquoi le titre l’air du temps ?

Alexis Orsini : Ce titre provient d’une citation d’Urasawa, qui expliquait dans une interview que pour réussir un bon manga, il faut savoir « saisir l’air du temps ». J’ai trouvé que ça définissait bien son œuvre et que ça sonnait bien : le manuscrit étant déjà bien avancé à ce moment là, ce choix s’est imposé comme une évidence puisqu’il était raccord avec le contenu du livre.

Unification France : Peux-tu nous expliquer l’intérêt que tu portes pour Naoki Urasawa ?

Alexis Orsini : C’est bien simple, c’est le seul mangaka dont l’œuvre ne m’a jamais lassé, parce qu’il arrive constamment à se renouveler tout en utilisant les mêmes codes scénaristiques ou graphiques. Je trouve que ses histoires sont prenantes, pas seulement pour leur suspense, mais pour la force des personnages qu’il met en scène, leur charisme, leur évolution, leurs rapports...

Unification France : Qu’est ce qui te fascine dans son travail ?

Alexis Orsini : Sa façon de découper l’action, son sens du dialogue et des révélations, sa capacité à transmettre ses multiples passions sans jamais donner l’impression de vouloir les imposer, elles s’insèrent naturellement dans des intrigues beaucoup plus vastes.

Je suis aussi admiratif de la progression graphique de l’auteur : du début de sa carrière jusqu’à aujourd’hui, le contraste est stupéfiant. Si on ne peut pas forcément dire de son trait qu’il est « beau », je trouve qu’il est l’un des rares mangaka qui parvient à croquer aussi bien les visages de ses personnages (avec Inio Asano et Takehiko Inoue).

Unification France : As-tu lu les inspirations de Naoki Urasawa pour comprendre son point de vue, comment s’est forgée sa vision des choses ?

Alexis Orsini : La recherche de ses sources d’influence a constitué une grande partie de mon travail, en effet. J’avais déjà quelques pistes pour avoir lu dans des interviews d’Urasawa des noms d’auteurs, de cinéastes ou de dessinateurs qu’il admirait, mais, de manière assez surprenante, j’ai découvert certaines influences par hasard, comme celle d’Akira Kurosawa. En visionnant un de ses films (Chien enragé) j’ai été frappé par les points communs avec un passage de 20th Century Boys et j’ai vite compris, en comparant les deux œuvres, qu’Urasawa s’était forcément inspiré du film. Ensuite, j’ai creusé dans cette direction avec d’autres films de Kurosawa.

Unification France : Qu’as-tu appris sur le mangaka durant l’écriture de ta monographie ? Et sur toi ?

Alexis Orsini : J’ai appris, ou plutôt mieux réalisé, à quel point Urasawa était cultivé. C’est un véritable boulimique, un touche-à-tout qui s’y connait en bande-dessinée, en musique, en cinéma... Il connaît extrêmement bien les œuvres de sa génération, mais pas seulement, puisqu’il est très au courant des productions les plus récentes. Ce cumul de connaissances, associé à sa capacité à « absorber » une histoire pour en créer une nouvelle, font sa grande force puisqu’il se sert de multiples influences pour donner forme à des intrigues nouvelles.

À titre personnel, j’ai appris ce que signifiait le travail de recherche, de relecture, et le sens du perfectionnisme, puisque j’avais, tout au long de la rédaction de l’ouvrage, l’envie de sortir un ouvrage parfait, irréprochable. Je me rends compte, avec le recul et les différents oublis (et les coquilles passées à travers les mailles de la relecture...), que c’est un travail très difficile, quasi-impossible, mais ça me servira clairement de leçon pour la suite.

Unification France : Quelles contraintes as-tu rencontrées pour faire ta monographie ?

Alexis Orsini : Mis à part la solitude face au manuscrit et la nécessité de garder le silence, je n’ai pas vraiment eu de réelle contrainte. Ce travail m’a demandé beaucoup de temps libre et d’investissement mais ce serait hypocrite de parler de contrainte puisque c’était une véritable passion. À aucun moment je n’ai ressenti ça comme un projet pesant ou eu l’impression de travailler par obligation.

Unification France : Comment as-tu fait pour trouver les informations, sachant que Naoki Urasawa est japonais, il n’est pas forcément évident de trouver toutes sources en français ou en anglais ?

Alexis Orsini : Je suis parti des rares sources d’information japonaises connues en France, comme le hors-série du Brutus Casa dédié à l’auteur, et certains articles ou interviews en japonais trouvables sur Internet. J’ai également épluché toute la presse spécialisée française avec le nom de l’auteur comme mot-clé.

La difficulté venait du fait que je devais faire traduire les textes japonais en français. Une fois les interviews traduites, je découvrais des renvois vers d’autres articles, d’autres actualités de l’auteur, et c’est ainsi que j’ai pu réunir une documentation assez fournie et amasser un tas d’informations sur sa carrière et ses méthodes de travail.

Unification France : As-tu pu prendre contact avec le mangaka durant les travaux ? Si oui quel fut le retour ?

Alexis Orsini : Après de nombreux efforts restés infructueux, j’ai fini par réussir à contacter Naoki Urasawa - indirectement - en janvier 2012. Il a refusé ma demande d’interview car il estimait qu’il valait mieux que nous gardions une certaine distance vu que j’écrivais sur lui. J’espérais le rencontrer en privé à Japan Expo mais ça ne s’est malheureusement pas fait.

Unification France : Combien de temps as-tu mis pour réaliser ton livre ?

Alexis Orsini : Environ un an. La rédaction des grandes axes de l’ouvrage a été assez rapide, mais il fallait y ajouter toutes les heures relecture, de correction... Sans oublier tout le travail autour l’iconographie, puisqu’il fallait trouver des images qui correspondent parfaitement au texte, et scanner chaque planche une à une.

Unification France : Comment as-tu pris contact avec les moutons électriques et pourquoi le choix de cet éditeur ?

Alexis Orsini : Mes demandes auprès de grands éditeurs généralistes et d’éditeurs spécialisés sur le Japon étant restées infructueuses, j’arpentais une liste des maisons d’édition françaises. C’est ainsi que je suis tombé sur les Moutons électriques. Le nom m’a intrigué (et attiré, référence à Blade Runner oblige...), et j’ai vite compris que c’était la maison d’édition idéale pour cet ouvrage, vu que leur collection Bibliothèque des miroirs était déjà riche en monographies sur des auteurs de comics.

Unification France : Quelle fut l’aide apportée par l’éditeur dans la réalisation de ton livre ?

Alexis Orsini : Son accueil chaleureux, dès le départ, et la grande liberté dont je disposais pendant la rédaction du manuscrit m’ont été très précieux. Le fait de partager le même intérêt pour la bande-dessinée et les beaux livres était également important puisque je savais qu’on travaillait dans la même optique, celle de réaliser un ouvrage très complet (dans le fond) et très soigné (dans la forme) sur un auteur de renom.

Unification France : As-tu d’autres travaux en préparation ?

Alexis Orsini : Je n’ai rien de prévu pour l’instant, j’attends de voir comment sera reçu le livre sur le long terme (les premiers échos étant positifs). J’en profite pour me consacrer pleinement à La base secrète, en espérant que L’air du temps permettra aux lecteurs de découvrir le site et de s’y inscrire pour débattre des œuvres d’Urasawa !

Naoki Urasawa, l’air du temps

  • Auteur : Alexis Orsini
  • Prix de vente : 23€
  • Nombre de pages : 252
  • Genre : Monographie
  • ISBN : 978-2-36183-076-2
  • Date de parution : 18 mai 2012


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